Un des mérites de la science, c’est qu’elle nous aide à mieux comprendre la réalité qui nous entoure et elle amène son lot de découvertes fascinantes. Barbara Fredrickson (1) est la première chercheure à s’intéresser au rôle des émotions positives pour la survie de l’espèce. On sait que les sensations désagréables sont là pour nous prévenir d’une menace quelconque, mais à quoi servent les émotions positives? Comment peuvent-elles nous aider àmieux faire face à la pandémie et au confinement? Y a-t-il des stratégies faciles à utiliser pour changer ses humeurs?

L’impact des émotions positives

  1. Les émotions positives (EP) favorisent l’ouverture d’esprit et atténuent la rigidité et l’étroitesse de la pensée. Tout à coup, on cesse de se préoccuper seulement de ce qui va mal et on développe une perspective d’ensemble plus vaste de la réalité. On devient plus créatif quand on se sent bien.
  • Les EP stimulent l’utilisation de nos ressources personnelles et leur développement. On se surprend à croire que l’on a tout ce qu’il faut pour faire face aux défis de la vie. Les émotions constructives accumulées sous forme de pensées positives constituent en nous des réserves de forces, nous rendent meilleurs, plus accomplis, plus solides, plus enclins à faire preuve d’inventivité.
  • Les EP ont un effet tampon face aux difficultés de la vie, c’est-à-dire qu’elles atténuent l’effet des émotions difficiles et tendent à ramener plus rapidement le fonctionnement de l’individu à son niveau de base habituel. On fait plus aisément face aux drames et aux obstacles mis sur notre route quand notre vie est pleine de moments agréables. On croit plus facilement que ce n’est qu’un mauvais moment à passer et que le beau temps va revenir. En d’autres termes, les EP freinent les pensées négatives, aident à rebondir, redonnent de l’énergie pour agir, créer, inventer, et alimenter nos réserves d’énergie psychique.
  • Les EP engendrent à leur tour de nouvelles émotions constructives qui se multiplient et amènent un niveau de bien-être toujours plus grand chez l’individu. Barbara Fredrickson appelle ce phénomène l’effet de spirale ascendante. C’est un peu comme si les émotions agréables se développent sous forme de système qui cherche à se maintenir et à se développer au maximum à tous les plans : physique, affectif, cognitif et comportemental.
  • Plus on entretient un haut ratio d’émotions agréables, plus on tend à ressentir de telles émotions en période de calme, quand rien ne nous dérange. C’est le décalage positif. Les gens qui ressentent surtout des émotions difficiles replongent automatiquement dans leurs problèmes quand le cerveau est au repos.

Booster sa positivité

Voici quelques stratégies qui ont fait leurs preuves et ont permis à leurs adeptes de se sentir mieux.

  1. Le journal de gratitude.

Je l’avoue, c’est mon truc préféré. Quand ça va mal, je commence la journée en écrivant tout ce qui va bien dans ma vie et je remercie la grande déesse pour ses largesses. Ça n’enlève pas les difficultés, mais ça m’aide à y faire face.

  • Les trois bonnes choses

Chaque soir, au coucher, identifier 3 choses agréables vécues dans la journée. Précisez votre rôle dans l’expérience.

  • Aider quelqu’un

Je me souviens d’un ami en pleine procédure de divorce. Sa conjointe le menaçait de lui retirer la garde complète de leur enfant. Quand il ramenait sa fille le dimanche soir, celle-ci criait, hurlait et lui disait : non papa, je veux rester avec toi. Vous imaginez la douleur ressentie.

Pour survivre, mon ami faisait du bénévolat à la prison du coin après avoir laissé la petite chez sa mère. Il animait des groupes et se disait chaque fois qu’il y avait des gens bien plus mal en point que lui. Ça l’aidait à calmer la douleur.

  • L’armoire à douceurs

Faites une liste des émotions agréables que vous aimez ressentir. Indiquez à côté de chacune de ces émotions quelles situations les génèrent. Voici quelques-uns de mes trucs.

  • La joie : je l’éprouve chaque fois que j’écoute les films des Blues Brothers. Plaisir garanti.
  • Le bien-être : faire une grande marche avec mon chien. Aller dehors est essentiel à mon bien-être.
  • La sérénité : une session de méditation ou un bain chaud.
  • De l’inspiration : un livre de psychologie abordant un thème sous un angle nouveau.
  • De l’amour : lire une histoire à mes petits-enfants via Facetime.
  • De la gratitude : parler à mes trois confidentes préférées.

À votre tour de faire la liste de vos émotions préférées et des activités qui les génèrent.

Quand on ne peut changer la réalité, il nous reste la possibilité de changer notre façon de percevoir cette réalité.

Prenez soin de vous.

  1. Fredrickson, Barbara, PhD. (2014) Mieux vivre grâce à la pensée positive. Paris : Larousse.

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